Par l'équipe SYNOTEA — Lecture : 7 minutes
C'est la grande innovation de la réforme de l'évaluation : la personne accompagnée n'est plus seulement un sujet dont on parle, elle devient un interlocuteur que l'on écoute. La méthode de l'accompagné traceur consiste à reconstituer le parcours d'une personne dans l'établissement, à partir de son propre récit.
Le principe : partir de l'expérience vécue
L'évaluateur rencontre une personne accompagnée volontaire — résident d'EHPAD, personne en situation de handicap, jeune confié, bénéficiaire d'un service à domicile — et échange avec elle sur son expérience : son arrivée, son projet personnalisé, sa participation aux décisions qui la concernent, le respect de ses droits, de son intimité et de ses choix au quotidien.
Cet entretien est ensuite croisé avec un échange avec les professionnels qui accompagnent la personne, et avec la consultation de son dossier. C'est ce croisement qui permet d'objectiver les constats.
Le consentement avant tout
Aucune personne n'est rencontrée sans son accord. L'établissement identifie en amont des personnes volontaires, informées du cadre de l'entretien. La personne peut être accompagnée d'un proche, demander une pause ou interrompre l'échange à tout moment. La HAS a publié des supports en facile à lire et à comprendre (FALC) pour informer les personnes sur la méthode.
Ce que l'évaluateur cherche — et ne cherche pas
L'évaluateur ne fait pas passer un examen à la personne, et n'évalue jamais la personne elle-même. Il cherche à comprendre comment l'accompagnement est réellement vécu : les réponses apportées aux besoins et attentes, l'effectivité des droits, la personnalisation de l'accompagnement.
Concrètement, l'échange ressemble davantage à une conversation qu'à un questionnaire. Un bon évaluateur s'adapte au rythme, au mode de communication et aux capacités de chaque personne.
Comment préparer vos équipes — sans scénariser
La pire des préparations serait de « faire répéter » les personnes ou les équipes. Les évaluateurs le perçoivent immédiatement, et cela dessert l'établissement. La meilleure préparation est simple :
- informer sincèrement les personnes et les familles de la venue des évaluateurs et du sens de la démarche ;
- identifier des personnes volontaires, sans pression ;
- rassurer les professionnels : c'est l'organisation qui est évaluée, pas eux.
L'accompagné traceur place la parole de la personne au cœur de l'évaluation. Volontariat, consentement et respect du rythme de chacun en sont les conditions absolues.
Sources : fiches pratiques « accompagné traceur » et supports FALC publiés par la Haute Autorité de Santé (has-sante.fr).